Iledenantes.fr

La Samoa, société d’aménagement qui pilote le projet urbain Ile de Nantes, m’a confié la rédaction d’articles et la mise à jour des « fiches projets » de son site internet.

Un exemple de ce que j’ai pu écrire ici => http://www.iledenantes.com/fr/actualites/221-usages-et-franchissements-de-la-loire-les-6-12-ans-convies-a-la-reflexion.html

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VousNousIls.fr

Sur une demande de l’agence Citizen Press, j’ai rédigé pour le compte de VousNousIls, l’e-magazine de l’éducation, un sujet sur l’école UHA 4.0. Mise au point par l’université de Haute-Alsace, celle-ci forme des développeurs informatique au sein d’un cursus iconoclaste, où les cours et les examens n’ont pas leur place.

Pour lire l’article au complet, cliquez sur le lien suivant => http://www.vousnousils.fr/2015/03/02/numerique-une-formation-sans-cours-ni-examen-563963

Collectif Jurassic

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Les arts numériques n’en finissent plus d’engendrer légions de nouveaux artistes, aussi habiles dans la manipulation des outils de MAO (Musique Assistée par Ordinateur) que dans l’utilisation de logiciels de création visuelle. Parmi ces nouveaux talents, on retrouve Jurassic, une association réunissant des compositeurs de musique électronique et designers graphiques. L’originalité de ce collectif réside dans sa conception du live, où l’image tient une place toute aussi importante que le son.
Afin d’aider l’association à démarcher les lieux de représentation, j’ai rédigé les biographies des membres qui la composent. Ces biographies sont désormais réunies dans le dossier de presse mis en page par Romain Navier, talentueux graphiste du collectif.
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Mais le travail de communication ne s’arrêtant pas là, j’accompagne également l’association à travers du community management. Je vous invite donc à suivre la page Jurassic sur Facebook et à visiter régulièrement le Soundcloud, où des morceaux sont régulièrement publiés.

Je suis parti sur les traces de l’équipage russe du Vladivostok

Article jamais publié. Rédigé en décembre 2014

Source photo : lemonde.fr

A Saint-Nazaire, 400 militaires russes côtoient au quotidien la population locale dans une apathie glaciale depuis 6 mois

A moins d’avoir passé les douze derniers mois au fond des égouts, vous n’êtes pas sans savoir qu’un différent majeur oppose aujourd’hui la Russie et le monde occidental – ou plus précisément son incarnation militaire -, l’OTAN.

Pour les amnésiques, voilà le topo : suite à l’échec de nouveaux accords politiques et commerciaux entre l’Ukraine et l’Union Européenne en novembre 2013, la population ukrainienne s’est scindée en deux. Les pro-U.E. d’un côté et les pro-russes de l’autre. Ces derniers préfèrent que leur pays reste dans le giron historique de Moscou plutôt que de s’acoquiner avec celui de Bruxelles. Majoritaires dans la partie est du pays, les pro-russes ont déclaré l’indépendance de la Crimée, une région du sud-est ukrainien, avec l’aide des forces armées russes, aboutissant à son annexion par la Russie.

Cet événement a provoqué l’ire des États-Unis et des pays membres de l’Union Européenne qui ont vu là une volonté de Poutine de revenir par la force à une Russie impérialiste en faisant pression par des moyens politiques, économiques et militaires sur les ex-membres de l’URSS.

Dans le même temps, en France, et plus précisément à Saint-Nazaire, s’achevait la construction d’un des deux navires militaires dits « Mistral » commandés par la Russie en 2011. Pour votre information, ces navires peuvent transporter aussi bien des hommes que des chars d’assauts ou des hélicoptères et de l’aveu même de Poutine, ils sont destinés à une utilisation en Mer Noire, étendue d’eau qui borde une large partie de la frontière sud de l’Ukraine. Oh et vous savez quoi ? Les deux navires ont pour petit nom Vladivostok et Sébastopol. Sébastopol étant aussi l’une des principales villes de Crimée.

Est-ce alors utile de préciser dans quel embarras se retrouve le gouvernement français, devant choisir entre honorer un contrat extrêmement juteux financièrement et porteur d’emploi ou y renoncer afin de ne pas fournir à la Russie les moyens de faire un peu plus pression sur un pays dont la situation politique est déjà très instable.

Comme à son habitude, François Hollande s’est abstenu de prendre une décision et c’est dans ce contexte que 400 marins russes ont débarqué au début du mois de juillet 2014 dans le port de Saint-Nazaire, sur la côte Atlantique, pour s’exercer sur l’un des deux navires achevés avant de repartir avec. Depuis, six mois se sont écoulés et personne n’est toujours en mesure de dire si, oui ou non, le Vladivostok quittera son port d’attache et si le Sébastopol sera un jour achevé.

Ainsi, Saint-Nazaire, ville portuaire et industrielle plutôt paisible de 70 000 habitants, vit depuis plusieurs mois avec l’objet de toutes les tensions en son sein. Et alors que les relations diplomatiques se durcissent entre l’Union Européenne, les États-Unis et la Russie – donnant par là un léger goût de guerre froide à cette fin d’année 2014 -, je me suis demandé comment se passait la vie de tous les jours à Saint-Nazaire. Comment, dans ce contexte, locaux et russes parvenaient à cohabiter.

J’avais déjà appris par le biais de la presse locale que ces marins russes étaient hébergés sur le même bateau avec lequel ils sont arrivés – le Smolnyi -,  dans le port de Saint-Nazaire et que leur quotidien se résumait à se former à l’utilisation du Mistral. Après avoir zoné pas mal de temps dans le centre-ville et sur le port, j’ai pu constater que les russes sortaient néanmoins régulièrement du navire où ils logent, afin de s’approvisionner en nourriture, produits de soins courants et alcools. Plutôt discrets, il était cependant simple de les identifier en partie grâce à leur apparence – cheveux très courts ou crânes rasés de rigueur – mais surtout en tendant un peu l’oreille. Même si vous n’avez jamais entendu parler russe de votre vie, je peux vous assurer que vous sauriez identifier cette langue très rapidement.

Traversant en long et en large les artères de la ville, j’ai tenté plusieurs fois d’aborder des petits groupes de marins comme on tenterait de se faire des potes lors d’un premier jour à la fac. Je me présentais calmement, usant de l’anglais pour me faire comprendre du mieux possible. Manque de chance pour moi, je ne trouvais comme réponse que des regards dubitatifs et des expressions fermées. Soit ces types ne parlent pas un mot d’anglais, ce qui est après-tout concevable, soit le fait d’échanger avec moi ne faisait strictement pas partie de leurs plans. Ce n’est que lors d’une dernière tentative désespérée que l’un d’eux, maniant correctement l’anglais, m’expliqua un peu plus concrètement où était le problème. « On ne peut pas te parler. On ne peut pas parler aux journalistes. Si on fait ça, on risque d’avoir de très gros ennuis ». J’ai eu beau lui expliquer que je m’intéressais simplement à leur quotidien, à la façon dont ils occupaient leur temps libre et s’ils avaient sympathisé avec des locaux, je ne n’ai récolté qu’un « No » cinglant. Demander son prénom à mon interlocuteur aura été la question de trop, celui-ci ayant aussitôt repris la conversation avec ses potes, m’excluant de toute son attention.

Surpris par tant de réserve et par le froid qui commençait à me mordre sévèrement les mains et le visage, je décidais d’aller me réfugier quelques instants dans le centre commercial « Le Ruban Bleu », situé à proximité. C’est entre le rayon conserves et celui des boissons que j’entrepris alors de reprendre la conversation, cette fois-ci avec un employé du magasin qui venait, je crois, de finir son service.

Il m’expliqua : « Ici des russes on en voit souvent. Les mecs viennent acheter des trucs, passent en caisse et repartent. Au mieux c’est « bonjour », « merci », « au revoir » mais ça ne va jamais plus loin. De toute façon, ils n’ont pas l’air de parler anglais, et encore moins français. Après, c’est vrai que nos pays ne sont pas en bons termes aujourd’hui mais ici, chacun fait son truc.». Ainsi, russes et français se côtoient à Saint-Nazaire dans une forme d’indifférence générale, chacun vacant à ses occupations même si celles-ci concernent la manœuvre d’un navire militaire de pointe. Avant de repartir je remerciai mon interlocuteur et lui demandai son prénom, juste son prénom, pour le citer lorsque j’aurai retranscris ses propos. C’est là qu’un léger malaise est intervenu entre nous, brisant le fil d’une conversation jusqu’ici très détendue : « En général je m’en fous de donner mon nom à des journalistes, mais là, vu ton sujet, je préfère pas. Désolé…. Je dois y aller maintenant. ». Et tandis que je le regardais s’éloigner au son de Matt Pokora que les enceintes du magasin vomissaient, j’ai réalisé  qu’ici, comme à l’échelon du gouvernement, un léger malaise s’empare des personnes dès qu’il s’agit d’aborder concrètement le cas de ces deux navires et de la présence d’une force militaire russe qui en découle sur notre territoire.

Il faut dire que la ville dépend complètement de ses chantiers navals et ce à plusieurs niveaux. D’un point de vue économique d’abord puisque de nombreux emplois y sont directement ou indirectement liés. La commande des deux Mistrals avait d’ailleurs permis l’embauche d’environ un millier de personnes, allant de l’ouvrier au cadre. Puis, c’est l’identité de toute la ville qui s’est construite autour du port et de ses chantiers. Si ceux-ci s’effondraient, Saint-Nazaire se transformerait probablement en coquille vide et devrait entamer alors une lente et pénible reconversion de ses activités principales.

Par-delà les enjeux diplomatiques attenants, si le contrat s’avérait rompu, la construction du second Mistral – le Sébastopol -, serait abandonnée, poussant vers la sortie bon nombre de travailleurs locaux, sans parler du manque à gagner financier que cela représenterait aussi bien pour l’État que la région.

Et tandis que je remonte l’avenue de la République, principal axe de la ville avec ses nombreux locaux commerciaux à l’abandon et ses immeubles massifs d’après-guerre, je croise encore quelques marins les bras chargés de sacs de provisions. C’est un drôle de cadeau qui a été fait à cette ville de Saint-Nazaire que de retrouver son histoire accolée à celle d’un conflit politique et militaire se déroulant à plusieurs milliers de kilomètres de là.

Jeudi 18 décembre, les marins russes sont repartis comme ils étaient arrivés, sans bruits et laissant le Vladivostock à quai. Personne ne s’est encore prononcé sur le sort du navire.

Science Slam : La science « open source »

Article rédigé pour le Quartier de la Création, à Nantes, et publié sur creationduquartier.com

crédit photo : Quartier de la Création
crédit photo : Quartier de la Création

Le 17 juin dernier, au 6ème étage de l’immeuble Eurêka, base-vie du cluster Quartier de la création, douze doctorants issus de l’école doctorale de biologie de Nantes et une doctorante en science de l’éducation se sont livrés à un exercice original de vulgarisation scientifique. Retour sur cette expérimentation prometteuse.

Le concept du Science Slam est né en Allemagne à Braunschweig en 2008. Il a depuis été développé en Russie, en Suède, en Suisse… Mais il a fallu attendre octobre 2012 pour que le premier Science Slam ait lieu en France, à Poitiers, avant que Nantes, à son tour, s’empare du sujet. Le principe du Science Slam est simple : les doctorats disposent de 20 images projetées, commentée chacune en 20 secondes « chrono » pour présenter le plus astucieusement possible leur sujet de recherche à un public de non-initiés. Soit trois années de travail « pitchées » en 5 minutes environ !

Si l’exercice est – et doit  –  demeurer ludique, ses objectifs sont quant à eux des plus sérieux. Prioritairement, ils sont au nombre de trois. Il s’agit tout d’abord d’affirmer la nécessité pour des chercheurs financés par l’impôt d’informer le grand public sur l’avancée des travaux qui sont conduits dans leurs laboratoires. Une obligation de transparence tout à fait naturelle pour ces jeunes chercheurs. Deuxième grand objectif, contrer la désaffection croissante des jeunes pour la recherche fondamentale. Le monde scientifique peine parfois à recruter de nouveaux éléments, certains préférant se tourner vers des secteurs d’activité plus rémunérateurs, comme les bio-industries par exemple. Pour d’autres, ce sera l’exil aux Etats-Unis ou en Asie où les fonds alloués à la recherche sont plus importants. Et cela nous amène au troisième grand objectif du Science Slam. La raréfaction des financements, sur fond de crise économique, imposera de plus en plus aux chercheurs de convaincre décideurs publics ou privés de l’intérêt de financer leurs travaux.

Dans cette optique, être capable d’expliquer clairement à des politiques ou des financiers – le plus souvent éloignés de la culture scientifique – l’intérêt d’une recherche devient capital.

Mettre en récit simplement des propos complexes : l’apport de la création

Le rôle du Quartier de la Création a été de permettre aux treize doctorants volontaires de bénéficier d’une aide éditoriale pour construire des récits susceptibles d’être compris par tout un chacun. Pour aider à scénariser les présentations, le cluster Quartier de la création a fait appel à Guillaume Le Cornec, de l’agence de création éditoriale Ustensiles. La première difficulté pour les doctorants aura été, paradoxalement,  de comprendre que leurs interlocuteurs pouvaient… ne pas comprendre. Car le plus souvent, les scientifiques parlent aux scientifiques, un entre soi qui leur évite d’expliciter des notions qui leur apparaissent basiques mais se révèlent complexes pour les néophytes.

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Pour parvenir à cet « état de conscience non scientifique », il a fallu démonter les sujets de recherche, les expliquer longuement à l’interface éditoriale… qui n’a plus eu besoin que de proposer des analogies et astuces narratives pour trouver les points dynamiques et créer des histoires dont la narration devait tenir dans une capsule de 6 minutes 40. Une fois acceptée cette approche distanciée, les doctorants ont montré une étonnante capacité à user d’images drôles et simples pour expliquer les mécanismes de l’asthme, les processus de thérapie génique appliqués aux maladies orphelines ou l’utilisation du virus de la rougeole comme activateur du système immunitaire pour vaincre le cancer de la plèvre…

Des résultats prometteurs

Le résultat final fut des plus concluants.  Dynamiques, drôles, les sept présentations ont été entrecoupées de petites saynettes proposées par le collectif Slam Poertry qui a su divertir la salle tout en restant dans les champs sémantiques du corps et de la médecine. Enfin, en contrepoint de ces différentes animations, le professeur Patricia Lemarchand, de la Structure fédérative de recherche Bonamy, s’est elle aussi prêtée à l’exercice. Une nouvelle preuve de son implication forte dans le domaine de la médiation scientifique. Spécialiste des cellules souches, Patricia Lemarchand avait déjà fait une présentation remarquée lors du Grand Bazar des Savoirs en 2012.
Cette soirée, réalisée grâce au concours de l’INSERM, de l’Université de Nantes, de la SFR Bonamy et de Ouest France aura permis de poser les bases d’une approche rénovée de la vulgarisation et de la médiation scientifique. Car, sur le long terme, et comme le rappelle Hélène Pillet, chargée de communication et de culture scientifique à la SFR François Bonamy :

l’objectif avoué n’est pas de cantonner l’exercice uniquement au pôle santé de l’Université de Nantes, mais de l’ouvrir à toutes les spécialités scientifiques, de créer des ponts entre les filières afin de faire cohabiter les compétences et savoirs de chacun.

En définitive, ce premier Science Slam constitue l’esquisse d’un dessein plus large pour la recherche en territoire ligérien. A suivre.